Y a-t-il un paradis pour les animaux ?

Question pastorale

Mon chien est mort hier soir. J’ai grandi avec lui, j’avais 10 ans quand ma famille l’a adopté, j’en ai 25 aujourd’hui. J’ai pleuré toute la nuit. C’est un membre de ma famille qui s’en est allé au Ciel, auprès du Père. J’aurais aimé avoir votre avis quant au salut de nos animaux. Pour moi, il ne fait aucun doute qu’ils participent à l’Œuvre du Père mais j’aurais aimé avoir une réponse plus « théologique » et biblique de votre part.

Alors là, la question est complexe.

En bonne théologie classique, les animaux ont une âme, mais qui n’est pas immortelle, contrairement à celle des humains. Cela fait en particulier que, contrairement aux humains, les animaux sont interchangeables. Une fourmi en vaut une autre, un rat d’égout peut être remplacé par un autre. Et même chez les grands mammifères, quand une laie (femelle du sanglier) meurt, les petits marcassins trouvent une autre laie qui fera l’affaire tant qu’elle peut les nourrir, et ils n’auront pas besoin de psychanalyse ensuite.

Mais la question des animaux qui ont eu un lien avec l’homme est un peu différent. Du coup, ils ne sont pas interchangeables pour nous, et ils deviennent des personnes uniques.

On peut donc penser que pour ceux-là, le lien qu’ils ont eu avec l’homme leur confère une part d’immortalité, ou qu’ils touchent à travers la relation qu’ils ont eu avec l’homme à une dimension spirituelle normalement accessible que par l’esprit humain.

Quoi qu’il en soit je n’irai pas jusqu’à considérer que les animaux puissent avoir le même statut d’un être humain, même s’ils ont été des animaux familiers. Si l’amour est éternel d’accord, l’amour que l’on porte à nos animaux peut être important, mais tout de même pas de la même nature que celui que nous pouvons porter à nos semblables. Et inversement, l’amour que nous expérimentons de leur part n’est sans doute aussi pas de la même nature, et encore plus différent (même s’il nous fait du bien).

En tout cas pour nous, difficile de les considérer comme de simples objets remplaçables. Et c’est ainsi que je me suis surpris moi-même en pleine contradiction: alors que j’enseignais que les chevaux, comme tout animal, n’avaient pas d’accès au salut éternel, je n’ai pu faire autrement que d’avoir une prière fervente devant le cadavre d’un cheval que j’avais beaucoup aimé et avec qui j’avais partagé une sorte de communion d’esprit, allant bien au-delà de simples activités dans la nature. Qu’il soit accueilli dans le paradis des chevaux… c’était nécessaire pour moi.

Quant à la Bible, il y a un seul verset qui ouvre une porte: le Psaumes 36 (verset 7) qui s’adressant à Dieu dit: « toi qui sauves les hommes et les bêtes ».


(Commenté très rapidement dans cette prédication: https://etoile.pro/en-relation-a-dieu/predications/tu-sauves-les-hommes-et-les-betes-ps-36)

Le pasteur Louis Pernot nous fait réfléchir sur la perte de nos animaux que nous avons aimé.

En effet, le Psaumes 36 :7 dit « tu sauves » יָשַׁע « yasha » en hébreu. Le psalmiste avait probablement à l’esprit le récit du déluge.

Cette affirmation a fait couler beaucoup d’encre. C’est le seul endroit où la Bible semble envisagé que Dieu sauve aussi les animaux. Mais il faut préciser : le mot présent ici ne désigne pas n’importe quel animal, mais le « bétail », les animaux domestiques, les animaux qui sont en contact avec l’homme. Dieu ne sauve pas les rats d’égout et les fourmis, ces animaux font partie de la création comme le monde végétal et ne sont pas de l’ordre de l’esprit qui est éternel. Paul dans le célèbre chapitre de 1 Corinthiens13 dit que tout est passager sauf essentiellement l’amour. On peut considérer donc que les animaux que nous avons aimés peuvent entrer dans l’éternité par l’amour que nous leur avons porté, et on ne peut vraiment aller au-delà…

Mais ce n’est pas pour dire cela que cette affirmation se trouve dans notre psaume, c’est pour dire que Dieu sauve qui il veut, et peut nous sauver sans aucun mérite de notre part. Même une bête, qui n’a aucun sens moral ou capacité de bien ou de mal, ou de foi, ou d’autre chose peut être sauvée par Dieu s’il le veut. Le salut est l’œuvre de Dieu et de Dieu seul, aucun mérite de notre part.

Psaumes 36:7 « Ta justice dépasse les plus hautes montagnes, tes décisions sont profondes comme la mer. SEIGNEUR, tu sauves les hommes et les bêtes. »

D’autres versions traduit à la place de « Tu sauves » par « Tu soutiens »

Le terme exact du mot « sauve » en hébreu est יָשַׁע « yasha » nous l’avons vu qui signifie « défendre, délivrer, sauver, secourir, secours, libérateur, venir à l’aide, retenir la main, se venger, protéger, Sauveur, salut »

Dieu a autant d’égard pour l’homme que pour nos animaux. Chaque vie est précieuse, la vie est dans le sang et c’est pour cette raison que la Parole de Dieu interdit formellement de boire le sang même d’un animal « Car l’âme de la chair est dans le sang. » (Lévitique 17:11) La Segond 21 donne le terme plus exact « En effet, la vie d’un être est dans le sang »

La vie qui nous anime et נֶפֶשׁ nephesh (strong hebreu 5315), le souffle que Dieu insuffle semble-t-il à chaque être vivant. La vie est précieuse aux yeux de Dieu.

Autre suggestion

Élie a été emmené au ciel dans un chariot tiré par des chevaux (2 Rois 2.11). Ce verset nous dit qu’il y a des chevaux au Ciel (Apocalypse 6.2-8 ; 19.11). En fait, il y en a même beaucoup, assez pour que les vastes armées célestes puissent les monter (Apocalypse 19.11 ; 2 Rois 6.17).

D’autres animaux ne sont pas mentionnés dans les passages de l’Apocalypse, vraisemblablement parce qu’ils ne jouent pas de rôle dans la seconde venue du Christ (une armée apportant la délivrance monte des chevaux, et non des dalmatiens ou des hérissons). Mais s’il y a d’innombrables chevaux au Paradis, n’est-il pas envisageable que toutes sortes d’autres animaux y soient aussi ? Pourquoi n’y en aurait-il pas ? Pourquoi s’attendrait-on à des chevaux comme seuls animaux ? Sans autres animaux, il n’y aurait pas de chevaux.


Dans Ésaïe 65.17, Dieu parle de la création d’un Nouveau Ciel et d’une Nouvelle Terre. Dans les versets suivants, le texte va-et-vient entre le royaume millénaire et la Nouvelle Terre. Dieu précise que des animaux vivront là-bas (soit au millénium, soit dans la Nouvelle Terre, soit dans les deux (Ésaïe 65.25)).

Certains pensent aussi que les animaux seront présents au Paradis en se basant sur Ecclésiaste 3.19-21, qui dit que « le sort final de l’homme est le même que celui de la bête… tout va dans un même lieu. » Cependant, dans le contexte plus large d’Ecclésiaste, Salomon parle simplement de l’apparence extérieure de la mort : les hommes et les animaux meurent et nous ne pouvons pas voir où ils vont. Cependant, l’Écriture nous dit ailleurs que l’homme a une âme éternelle. Elle nous dit qu’après la mort, cette âme va quelque part (soit au Paradis, soit en Enfer). Mais elle ne dit pas que les animaux ont des âmes éternelles ; il n’est pas écrit que leur âme se déplace à leur mort. L’hypothèse serait donc qu’en mourant, ils cessent d’exister.

Cependant, cela ne signifie pas que les animaux qu’on a aimés ne seront pas au Paradis. J’ai lu un jour la réponse de Billy Graham à la question d’une petite fille. Elle avait demandé : «Mon chien qui est mort cette semaine sera-t-il au Paradis ? Graham a répondu : « Si cela te rend plus heureuse, alors oui, il y sera ». Les animaux ne sont pas aussi précieux que les hommes, mais Dieu est leur Créateur et par eux, Il a touché la vie de plusieurs personnes. Recréer un animal de compagnie au Paradis ne représenterait aucune difficulté pour Lui. Si cela amène du bonheur à ses enfants, je ne vois pas pourquoi Il ne le ferait pas.

Romain0s 8.18-22 dit que toute la Création était soumise à la souffrance et à la futilité à cause du péché humain. La Création gémit en désirant la libération qui viendra pour les humains et, de fait, pour toute la Création. La Création est sous la domination de l’homme et partagera les récompenses de sa rédemption tout comme elle a partagé le châtiment pour son péché. Les animaux sont une partie centrale de la Création et jouent un rôle important aux côtés de l’homme. Après tout, outre sa femme, Adam a été appelé à donner des noms à une autre partie de la Création : les animaux, et à eux seulement (Genèse 2. 19-20). Adam avait beau avoir travaillé dans le jardin d’Éden, il n’a pas été invité à nommer la végétation. De toute évidence, les animaux avaient certaines qualités qui les plaçaient au-dessus d’autres éléments de la Création. Ils étaient destinés à être spéciaux pour l’homme; et en les nommant, une connexion personnelle s’est créée entre eux et lui.

Si la Nouvelle Terre rassemble le meilleur de l’ancienne terre et bien plus encore, alors on peut s’attendre à ce qu’elle contienne des animaux. Si ce n’était pas le cas, cela semblerait manifestement être un oubli. Éden a été ruiné par le péché et sera restauré par le règne de justice de Christ. Tout ce qui faisait partie d »Éden a ensuite été corrompu par le péché du premier Adam. Nous nous attendrions à faire partie de la Nouvelle Terre rendue juste par la vertu du second Adam.


Dieu nous priverait-il au Paradis de ce qu’Il avait autrefois donné à Adam et Ève lorsqu’ils étaient en Éden ? Nous enlèverait-Il le plaisir, la compagnie et l’aide qu’Il leur avait donnés au travers des animaux ? Révoquerait-Il sa décision initiale de mettre les animaux avec l’homme et sous la garde de l’homme ? S’Il refait la Nouvelle Terre avec des hommes renouvelés (qui ressemblent beaucoup aux anciens, à la seule différence qu’eux sont parfaits), ne nous attendrions-nous pas à ce qu’Il fasse aussi de nouveaux animaux (qui ressembleront vraisemblablement aux anciens, mais en plus parfaits) ?

Je pense que l’on peut garder espoir, ce qui apaise ma douleur. Je ne pensais pas devoir me poser cette question mais suite à la perte d’un de nos chats avec qui nous étions très fusionnel, il fallait que je cherche des réponses. Qu’en dit la bible ?

L’espoir apaise ma douleur.

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