Dieu mon père et ma mère
Quand on me demande de témoigner, il y a tellement de choses que Dieu à fait pour moi qu’il y a un enseignement à en tirer. Des fois nous nous demandons pourquoi nous vivons une situation difficile durant des mois et parfois pendant des années
Nous lisons Romains 5 :1-5 « Puisque nous avons été déclarés justes en raison de notre foi, nous sommes en paix avec Dieu grâce à notre Seigneur Jésus-Christ. 2 Par lui, nous avons eu accès, au moyen de la foi, à ce don gratuit de Dieu dans lequel nous nous trouvons désormais établis ; et notre fierté se fonde sur l’espérance d’avoir part à la gloire de Dieu. 3 Mieux encore ! Nous tirons fierté même de nos détresses, car nous savons que la détresse produit la persévérance, 4 la persévérance conduit à la victoire dans l’épreuve, et la victoire dans l’épreuve nourrit l’espérance. 5 Or, notre espérance ne risque pas d’être déçue, car Dieu a versé son amour dans nos coeurs par l’Esprit Saint qu’il nous a donné. »
Nous tirons fierté même de nos détresses, d’autres version parle d’ »affliction » et je me réfère au mot grec θλῖψις « thlipsis » (Sg2347) qui donne plusieurs définition qui parle pour nous : « tribulation, affliction, tourment, détresse, souffrance, persécution, calamité ; (46 occurences).
1. une pression, une oppression.
2. métaph. oppression, affliction, tribulation, détresse, difficultés (en tous genres). »
Thlipsis viens de θλίβω « thlibo » (Sg2346) qui montre celui qui est exposé aux tribulations, aux malheurs…
Nous connaissons des gens qui se tiennent la tête plus sur leur malheur que sur leur espérance. Ils ne voient jamais le bout du tunnels, mais est-ce que notre vie est voué au malheur jusqu’à la mort ? Pourquoi vivons nous des difficultés dans la vie ?
Voyez-vous, « thlibo », ce mot grec nous renvoies à une racine, le mot τρίβος « tribos » (Sg5147) qui nous parle d’un sentier, d’un chemin usé. Il nous parle aussi de τραῦμα « trauma » (Sg5134). Ce mot signifie « plaie » mais encore « blessures » et nous pouvons encore continuer vers ce mot θραύω « trauo » (Sg2352) qui signifie « opprimé », mais aussi « rompre, casser en morceaux, briser, frapper à travers, meurtrir. »
Le Seigneur dit « Les sacrifices qui sont agréables à Dieu, c’est un esprit brisé: O Dieu! tu ne dédaignes pas un coeur brisé et contrit. » (Psaumes 51 :17) aussi, le Psaumes 34 :18 dit « L’Eternel est près de ceux qui ont le coeur brisé, Et il sauve ceux qui ont l’esprit dans l’abattement. »
J’ai souffert, j’ai connu le malheur, j’ai connu le rejet, mais pourquoi ?
Je n’étais pas croyant, je ne suis pas né dans une famille chrétienne, j’ai connu la maltraitance physique étant enfant et fut placé en orphelinat pratiquement toutes ma jeunesse jusqu’à la majorité. Je souffrais de ne pas avoir un père et une mère pour m’aimer.
Le samedi, nous regardions à une époque la série « La petite maison dans la prairie ». Elle m’a fortement marqué par les valeurs que Michaël Landon prônaient sur la famille et le bien que nous devions rendre aux autres. J’étais malheureux et j’ai commencé à être rebelle, je fuguais car je me cherchais, je voulais un père et une mère, je voulais être aimé comme Charles Ingalls aimait sa femme et ses filles. Mais j’ai connu la maltraitance à la place. Mes parents ont divorcé, et je fut placé très petit en orphelinat, puis un retour en famille chez ma mère et de nouveau la maltraitance.
Quand je vivais chez mes parents, du coté de ma mère avec son deuxième mari, je fut déscolarisé de l’enseignement normale pour être dans une école ou il y avait des (excusez du terme) handicapés et mongols, je n’apprenais plus à écrire, j’étais pratiquement illettré et j’avait les mêmes réactions que les caractérielles et les mongol. Quand j’ai été placé en orphelinat vers l’âge de 7 ans, cela n’a pas changé ma conduite, j’étais toujours dans la même école primaire, , je pouvais être violent sans prévenir, parce que je souffrais en moi. Mais un jour cet orphelinat n’avait plus les subsides financière assez et à du fermer. J’ai été placé ailleurs en 1982 ou je le crois, ça été les meilleurs années de ma vie.
L’année 1985 j’ai 15 ans et c’est une année difficile pour moi.
L’année 1985, l’année de mes 15 ans a été un tournant pour moi, j’étais à un carrefour pour la suite de ma vie…. Je rêvais de me venger sur mes parents, dans mon esprit, il n’y avait que des conflits et quand je dessinait, il n’y avait que du sang, la guerre, la mort. Les racines de la vengeance avaient germer en moi depuis l’âge de mes 13 ans. Des racines qui était encré jusqu’au jour ou le diable m’a rappelé à ces vieux souvenir à l’âge de 35 ans quand j’ai cherché à ce que ma mère me demande pardon, un mot que je n’ai pas obtenu jusqu’à son dernier souffle. Pour guérir, je devais la pardonner totalement car derrière ses œuvres ce n’est pas elle qui a voulu me détruire, mais le diable. Voyez-vous, nous voyons une similitude quand Yeshoua (Jésus) est né ; Marie et Joseph doivent fuir en Egypte car Hérode voulait le faire tuer.
L’année 1986 commence et la directrice de l’orphelinat, c’était plutôt une maison familiale d’environs 40 enfants, avait mis un système sur un tableau ou nous avions des points rouge, orange et vert suivant notre comportement de la journée. Et en juin ces points auraient été additionné pour savoir si nous pourrions partir en vacance en Autriche dans le Tyrol au mois d’aout, ou si nous serions de corvées comme punitions durant ces vacances en Autriche ou bien si nous devrions rester en Belgique à l’orphelinat qui était appelé « Le Home Tout Vent ».
J’ai eux des point rouges, beaucoup de point oranges, peu de vert. Mais j’ai pu partir, parce qu’il s’est passé quelque chose avant le mois de juin. J’avait fort peur quand je devais demander quelques choses, peur d’avoir un refus. Je jouais déjà dans club de football, mais courir en marathon, ça me donnait un sentiment de liberté et d’assurance qui a grandi, je pouvais courir seul et participé à des compétitions. Je m’entrainais seul, je n’avais pas d’équipe, mais j’étais libre. Je sais c’est quoi courir,
Sans que je le sache, je crois qu’il y avait un but derrière ce plan de la part du Seigneur. Cela m’a fait penser plus tard quand j’étais converti à ce que Paul dit dans 1 Corinthiens 9 :25-27 « Ne savez-vous pas que, sur un stade, tous les concurrents courent pour gagner et, cependant, un seul remporte le prix ? Courez comme lui, de manière à gagner. 25 Tous les athlètes s’imposent une discipline sévère dans tous les domaines pour recevoir une couronne, qui pourtant sera bien vite fanée, alors que nous, nous aspirons à une couronne qui ne se flétrira jamais. 26 C’est pourquoi, si je cours, ce n’est pas à l’aveuglette, et si je m’exerce à la boxe, ce n’est pas en donnant des coups en l’air. 27 Je traite durement mon corps, je le maîtrise sévèrement, de peur qu’après avoir proclamé la Bonne Nouvelle aux autres, je ne me trouve moi-même disqualifié. »
Je vous assure que courir 30 km et faire un sprint encore à la fin, c’est dur. Dans le parcours, il y a des moments de doute ou vous avez envie d’abandonner, ou encore à 15km une voix vous dit : « tu as quand même déjà bien couru, on ne te dira rien si tu marches et si tu t’arrêtes, de toutes façons tu as pris du retard et tu ne termineras pas premier »,
Il faut savoir que dans une longue course, si vous suivez ce raisonnement, vous abandonner. Le diable veut que vous abandonniez votre course.
Mais une autre voix vous donne un objectif, ce n’est pas celui de finir premier, mais bien de franchir la ligne d’arrivée qui est important. Dans le Royaume de Dieu, le dernier est tout autant vainqueur et ce qui compte pour le Seigneur, c’est n’est pas comment on a commencé , mais bien comment nous allons terminer. Nous pouvons douter et dans ce moment, il faut penser au danger qui nous dit « Attention à l’abandon ». Je traite durement mon corps durant cette épreuve et mon espérance, c’est la ligne d’arrivée.
C’est ce que produit la foi, dans la course, croyez-moi pour l’avoir vécu physiquement, il faut de l’endurance, de la persévérance. Jacques 4 :1 dit « Mais il faut que votre endurance aille jusqu’au bout de ce qu’elle peut faire pour que vous parveniez à l’état d’adultes et soyez pleins de force, des hommes auxquels il ne manque rien. »
L’endurance ὑπομονή «hupomonê » (Sg5381) en grec est une qualité spirituelle essentielle qui implique de tenir bon face aux épreuves, de persévérer et de rester ferme jusqu’à la fin. Elle est vue comme un pilier de la foi, nourrie par l’espérance et le repos en Dieu.
J’ai commencé à aimé le mari de la directrice comme un père, il avait beaucoup de sagesse, on faisait souvent des randonnées et ce qu’il me disait sur sa passion de la nature, me fascinait, je commençais à trouver la paix intérieur. Le directeur s’appelle André.
Au mois d’aout 1986 avec l’orphelinat, nous partons en Autriches dans une auberge mis à notre disposition. J’était de corvée car j’avait eu avant mon changement beaucoup de point rouge et orange. Mais voilà, nous arrivons et le 23 aout 1986, nous partons en randonnées pour un sommet, c’était tellement beau, j’avait l’impression dans certains endroit me retrouver sur des endroit lunaire, ou l’homme n’avait jamais mis les pieds et ni saccager la nature. Je suis précis dans la date car c’était le jour de mon anniversaire.
Etant très agiles, André me demande de fermer la marche au cas ou s’il y avait eu un problème, j’aurait pus vite courir chercher du secours vu mon endurance de marathonien. C’est à l’arrière que j’ai vécu une expérience personnelle. Je ne croyais pas du tout en Dieu, et j’ai vu un flash très blanc comme celui d’un appareil photo dans le ciel et je me suis mis à dire en moi-même que pour avoir créer d’aussi belle chose, cette beauté de la nature, il devait y avoir un Dieu.
J’ai été touché je le crois, le Seigneur m’a appelé. André a été l’image d’un père rempli de savoir, de sagesse et d’amour aussi.
Nous rentrons à l’école en septembre et j’avait chaque jour 3 km a faire à pieds pour rentrer à travers la campagne. Il y avait une petite chapelle sur ma route ou j’allumais chaque jour un cierge, je ne priait pas Marie mais Dieu. Je lui disait que je voulais le connaitre, je voulais lire la Bible et lui consacrer ma vie même dans un monastère. Je l’ai fait savoir à la directrice qui avait remarqué du changement et m’avait mis en contact avec des témoins de Jéhovah qu’elle voyait.
Peu importe leurs croyance, ce que je crois, c’est que Yeshoua (Jésus) m’a conduit jusqu’ici parce que je l’ai cherché. Parce qu’il m’a aimé je l’ai trouvé.
Un jour il m’a donné cette réponse quand je regardais notre fille. L’image du père et son enfant, comment faut-il être Seigneur ? Quel père je suis et quel père est tu envers moi ?
C’est ce que le Seigneur m’a envoyé comme message avec André. Le Seigneur m’a dit « Je suis le père et la mère que tu n’as pas eu ».
Paul écris dans 2 Corinthiens 6 :18 « Je serai pour vous un père, Et vous serez pour moi des fils et des filles, Dit le Seigneur tout-puissant. » comparé à Jérémie 31 :1-2 « En ce temps-là, dit l’Eternel, Je serai le Dieu de toutes les familles d’Israël, Et ils seront mon peuple. 2 Ainsi parle l’Eternel : Il a trouvé grâce dans le désert, Le peuple de ceux qui ont échappé au glaive; Israël marche vers son lieu de repos. »
J’ai trouvé le repos, évidement.
Le Père, ce n’est pas une paternité autoritaire — c’est une paternité d’amour, comme celle du père du fils prodigue (Luc 15).
Dieu se révèle aussi parfois avec des images maternelles, pour montrer Sa tendresse et Sa compassion :
« Comme un homme que sa mère console, ainsi Moi je vous consolerai. » (Ésaïe 66:13)
« Une femme oublie-t-elle l’enfant qu’elle allaite ? Même si elle l’oubliait, Moi je ne t’oublierai pas. » (Ésaïe 49:15)
« Comme une poule rassemble ses poussins sous ses ailes… »
(Matthieu 23:37)
Ces images ne font pas de Dieu une « mère » au sens biologique ou féminin, mais elles révèlent le côté maternel de Son amour : il est nourricier, protecteur, compatissant. Cet amour il nous le donne au travers du Fils Yeshoua (Jésus).
Nous relisons Romains 5 :5 « Or, notre espérance ne risque pas d’être déçue, car Dieu a versé son amour dans nos coeurs par l’Esprit Saint qu’il nous a donné. »
La version de la Bible juive complète de David H. Stern dit
« Et cet espoir ne nous trompe pas, parce que l’amour de Dieu pour nous a déjà été déversé dans nos cœurs par le Rouaḥ HaKodesh qui nous a été donné. »
En grec c’est écrit : ἡ ἀγάπη τοῦ θεοῦ ἐκκέχυται (hē agapē tou Theou ekkexytai)
→ littéralement : « l’amour de Dieu a été versé / répandu »
La question est : comment comprendre τοῦ θεοῦ (tou Theou) — « de Dieu » ?
Ce terme grec peut avoir deux sens possibles :
Subjectif → l’amour que Dieu a pour nous
Objectif → l’amour que nous avons pour Dieu
Louis Segond garde une formulation neutre : « l’amour de Dieu ». Cela laisse le lecteur libre de comprendre que :
C’est l’amour de Dieu en nous, ou notre amour pour Dieu suscité par le Saint-Esprit.
Cette lecture est fidèle au texte grec mais un peu abstraite. Elle met l’accent sur l’action du Saint-Esprit : c’est Lui qui fait jaillir cet amour dans nos cœurs, comme une source spirituelle.
La lecture de David H. Stern
David H. Stern, est fidèle à la pensée hébraïque et messianique, il choisit le sens subjectif explicite : « l’amour de Dieu pour nous a déjà été déversé… »
Pourquoi déjà ?
Parce que dans la mentalité juive, l’amour vient toujours de Dieu en premier. Nous ne sommes pas la source — nous sommes les réceptacles. Ce n’est pas notre amour pour Dieu qui rend l’espérance solide, mais Sa fidélité et Son amour déjà démontrés, dès le commencement, Dieu à un plan de salut pour nous depuis la chute de l’homme.
David H. Stern dans son livre « Commentaire du Nouveau Testament, un livre juif » nous renvoie judicieusement à Romains 5 :8 « Mais voici comment Dieu prouve son amour envers nous: alors que nous étions encore des pécheurs, Christ est mort pour nous. »
🌸 Avant même que nous L’aimions, Lui nous a aimés. (1 Jean 4:19)
Et David H. Stern traduit « a déjà été déversé » pour exprimer le parfait grec ἐκχύννομαι « ekkexytai » (Sg1632) qui montre: un acte accompli qui continue d’agir dans le présent. Ce que Yeshoua (Jésus) à fait, il a fait pour moi avant quand j’étais blessé, il l’a fait pour aujourd’hui, il l’a pour me guérir et il l’a fait pour me donner de l’espérance, c’est-à-dire la vie.
Par le moyen de l’image d’André, Dieu m’avait déjà trouvé avant que je ne le reçois dans ma vie et dans mon coeur, il m’a donné l’image d’un père et d’une mère aimante, et c’est ce que Dieu a été pour moi.
Les épreuves, ont produit ce que je suis aujourd’hui, j’ai un cœur pour mon Père, il est le premier à m’aimer, et je lui rend en retour par mon adoration, par mon amour pour Lui.
Au travers des épreuves Dieu a forgé un caractère. Romains 5 :4 dit dans la Segond « La persévérance produit la victoire dans l’épreuve, la victoire dans l’épreuve l’espérance. », tandis que David H Stern va nuancé vers ce terme « La persévérance produit le caractère ; le caractère, l’espérance. »
Pourquoi David H Stern donne cette nuance de caractère ?
Le mot en grec que Paul emploie est : δοκιμή « dokimē » (Sg1382). Ce mot signifie épreuve réussie, preuve de valeur, authenticité éprouvée.
C’est un mot tiré du vocabulaire des métaux purifiés au feu : le métal qui sort de la fournaise sans se déformer est « dokimē », c’est-à-dire authentique, il est vrai, il est pur.
👉 Il ne s’agit donc pas seulement de « victoire », mais plutôt de formation intérieure, de caractère purifié. Dans la pensée juive, la souffrance n’est pas seulement un combat à gagner :
elle est un creuset où l’âme se forme, où le cœur est purifié, où la foi devient authentique.
💎 La persévérance ne fait pas que triompher — elle façonne.
C’est ce qui nous fait aimer Dieu de plus en plus si nous saisissons le vrai but de nos épreuves. Nos épreuves nous rapproches de Lui et produira un jour le repos, je le vis aujourd’hui, je le ressent ce repos, j’ai le shalom (la paix) accomplie dans ma vie. La ligne d’arrivée n’est plus très loin.
La victoire selon le verset de Segond et le caractère de Stern ne s’opposent pas : ils se complètent. Mais Stern va plus loin : il nous ramène à la logique du Royaume — le triomphe n’est pas extérieur, il est intérieur.
🕊️ Le Rouaḥ HaKodesh (le Saint Esprit) ne fait pas de nous des guerriers invincibles, mais des âmes façonnées à la ressemblance du Messie.
Les souffrances de mon enfance me conduisait vers la vengeance et la haine tandis que l’amour de mon père, m’a conduit progressivement vers la paix, l’espérance et la vie.
L’endurance transforme, nous façonne et il faudra surement parfois traiter durement notre corps sur ce que le Seigneur nous appelle à corriger. Il le fait comme un père et une mère nous le demanderai par amour pour nous,
Amen
Roger Delplace
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